La maison qui écoute
- stedagosti
- 1 mars
- 1 min de lecture
Il y a dans la maison
un silence
qui ne ressemble pas au calme.
Les murs ne parlent plus.
Ils écoutent.
Les pas résonnent autrement,
comme s’ils cherchaient
quelqu’un
qui marchait à côté.
La table est toujours là.
Les chaises aussi.
Mais l’espace entre elles
a grandi.
Les portes s’ouvrent
sans résistance.
Elles ne retiennent plus
personne.
La lumière entre
comme avant.
Mais elle traverse les pièces
sans s’arrêter.
Dans le salon,
l’air semble plus vaste.
Pas plus libre.
Plus vaste.
Il y a des objets
qui gardent la mémoire des mains.
Des coussins
qui se souviennent des corps.
Des murs
qui ont appris des rires.
La maison ne s’est pas effondrée.
Elle tient debout.
Mais elle est devenue
une coquille
qui attend le retour du souffle.
Et parfois,
au cœur du vide,
on entend
quelque chose d’invisible :
la trace de ce qui fut plein.




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