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Sous la cendre

  • stedagosti
  • 16 févr.
  • 1 min de lecture

Il y a des nuits

qui ne tombent pas du ciel.

Elles montent de l’intérieur.


Elles avancent sans bruit,

comme une fatigue ancienne

qui connaît déjà le chemin.


On continue de parler,

de travailler,

de sourire parfois.

Mais quelque chose s’est retiré.


Le monde aussi a changé de ton.

Il ne crie plus seulement.

Il s’endurcit.


Les mots deviennent des pierres.

Les visages, des fonctions.

Les blessures, des arguments.


On apprend à survivre

en réduisant la lumière.

Pas pour l’éteindre —

juste pour qu’elle ne fasse plus mal.


Car la clarté expose.

Elle révèle les fissures,

les manques,

les peurs que l’on cache derrière des certitudes.


Alors on choisit l’ombre.

Elle semble plus simple.

Elle ne demande rien.


Mais l’ombre a un prix :

elle efface les contours,

elle confond les êtres,

elle finit par avaler ce qu’elle promettait de protéger.


Sous la cendre pourtant

quelque chose insiste.


Pas une flamme haute.

Pas un miracle.


Une braise.


Elle ne sauve pas le monde.

Elle ne guérit pas tout.

Elle rappelle seulement

que la nuit n’a jamais été

une réponse.


Et peut-être

que la vraie lutte

ne consiste pas à vaincre l’obscurité,

mais à refuser

de lui ressembler.



 
 
 

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