Quand la peur devient drapeau
- stedagosti
- 11 févr.
- 1 min de lecture
En ces temps turbulents,
il y a quelque chose qui change
qui durcit.
On le sent dans les conversations,
dans les commentaires rapides,
dans la manière dont certains mots reviennent :
frontière, menace, pureté, ordre.
Les extrêmes droites ne naissent pas du vide.
Elles poussent dans la fatigue.
Dans le sentiment d’abandon.
Dans l’impression que plus rien ne tient.
Elles offrent des réponses simples
à des blessures complexes.
Elles promettent la sécurité
en échange de la nuance.
Elles proposent l’appartenance
au prix de l’exclusion.
Et cela rassure.
Parce qu’il est plus facile
de désigner un coupable
que de réparer un lien.
Mais à chaque fois que la peur devient drapeau,
quelque chose d’humain recule.
Le visage disparaît derrière les mots.
La fragilité devient suspecte.
La complexité devient trahison.
La colère se comprend.
La lassitude aussi.
Quand tout semble vaciller, le besoin d’ordre paraît naturel.
Mais la réponse à la peur
ne peut être
la fermeture du cœur.
Résister ne signifie pas mépriser.
Résister signifie tenir une autre manière d’être fort :
une force qui protège sans exclure,
qui écoute sans capituler,
qui défend sans déshumaniser.
La démocratie ne meurt pas seulement par les cris.
Elle s’érode quand nous cessons
de regarder l’autre comme un visage,
au point qu'à force d'étiquettes,
la personne se voit défigurée.
Alors il nous reste cela :
rester lucides,
refuser le cynisme,
et continuer à choisir l’humain —
même quand cela paraît plus difficile.
La lumière n’est pas spectaculaire.
Elle est un travail.




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